Gérer la peine : version mâle

Assise dans mon salon, guitare sous le bras, j’essaie depuis 20 minutes de jouer la mélodie de Mad world quand le téléphone sonne.

- Allô?

(C’est hotdog)

- Qu’est-ce que tu fais? Je me cherche une partner pour sortir…

(Ici, il est bien important de savoir lire entre les lignes :  je n’ai pas envie d’être seul ce soir, surtout pas cette nuit.)

- Ouais… j’sais pas. J’suis en pyjama, je joue de la guitare. Enfin, j’essaie…

- Seule ?

- Ouais, seule.

- …

- …

- Allez, je saute dans la douche et je passe te chercher dans 20 minutes. On se fait une tournée des bars.

- …

(clic.)

C’est toujours sympathique avec hotdog. Garçon intelligent, n’a pas la langue dans sa poche… et drôle. Même si je n’avais pas vraiment envie de sortir, je savais que j’allais passer une belle soirée. Cependant, je trouvais ça tout de même étrange qu’il m’appelle à l’improviste comme ça, un samedi soir alors qu’il était presque minuit. Une tournée des bars? Fallait devoir faire vite!

Je suis entrée dans la voiture sans vraiment poser de questions. J’allais bien finir par comprendre ce qui se tramait.

- Alors on va où jeune homme ?

- On commence par le Confessionnal, ensuite on verra.

Ça fait déjà 10 minutes que l’on discute dans la voiture que je confirme enfin ce que je me doute depuis le début.

- T’as prévu quoi pour les fêtes, dis-moi?

- Oh rien en particulier… Des soupers chez des amis, la famille… toi?

- Rien.

- Rien ? Ton frère ne vient pas te rendre visite ?

- Ouais, plus tard pour le jour de l’an. Il reste en France pour Noël. Et puis mon ex et moi c’est terminé.

- … Ah ?

C’était écrit dans le ciel. On n’appelle pas une amie qu’on voit aux 3 mois, comme ça, dernière minute, un samedi soir, en lui faisant croire qu’on n’a pas de partner de party. Je savais très bien de quoi il en retournait. Hotdog, voulait jaser. Se confier… et ne voulait surtout pas dormir seul cette nuit là. Et puis ça faisait mon affaire. Je n’en avais pas plus envie que lui. On a donc fait la tournée des bars dont il me parlait, on s’est embrassé sur chacun des planchers de danse et on a terminé la soirée chez lui, autours d’une pizza qu’on a dévoré en buvant notre Xe consommation de la soirée…

Les émotions, quand on est un homme, on les met de côté ou on les gère différemment. On s’étourdie et on se cache dans les bras d’une autre le temps d’une ou de plusieurs soirées. Cette nuit là, j’ai en toute connaissance de cause, servit de baume pour le coeur d’un mâle en peine.

pensée du jour.

Je suis désolée…Vous vous êtes trompé de numéro.

Deux en deux.

Ok, oui je suis célibataire. Ça ne veut pourtant pas dire que j’suis disposé à rencontrer quelqu’un pour autant.

Numéro 1, pourquoi est-ce que tu m’appelles et me texte à chaque jour? Tu prends de mes nouvelles, tu me demandes comment je me sens, si je vais bien… Si j’ai passé une belle journée… La fille naïve en moi a voulu croire que c’était par pure gentillesse, par amitié…

Seulement, j’avais oublié que les relations H-F… ça n’est jamais que de l’amitié. Il y a toujours un intérêt derrière une «bonne» intention…

Numéro 2, tu m’invites à sortir pour me changer les idées. Ton but étant de me faire sourire, me faire rire… Pour ça, bravo. 10 sur 10. Mais à la fin de la soirée, ces textos sont de trop. Je n’ai pas envie de les lire… Je n’ai pas envie de dealer avec ça.

Je n’ai pas oublié T. Je l’aime encore. Même s’il ne m’aime plus. Et oui… je sais que ça ne sert à rien, que je me fais du mal, qu’il ne reviendra pas. Mais, je l’aime. Je l’aime comme le premier jour où j’ai décidé de l’aimer. Je n’ai jamais changé mon discours. Je savais que je le voulais dans ma vie. Et maintenant, je sais, qu’il me manque.

Je pleure. Je n’avais pas versé une larme depuis son départ. J’en étais incapable. La surprise m’a plongé dans une torpeur. Mais ce soir, j’ai mal. Je réalise qu’il n’est plus là, qu’il ne reviendra pas.

Et vous…. et vous… foutez moi la paix.

Laissez moi l’oublier. Laisse moi essayer…

La petite voix

« Respire. Ça va bien aller. »

Je me parle à moi-même à défaut d’être accompagné de ma mère, d’une amie…

C’est beaucoup d’émotions en peu de temps. Le fait d’être ici me fait beaucoup penser à lui puis ça vient me chercher des émotions que j’avais décidé d’enfouir profondément dans ma tête depuis quelques jours. Plus facile comme ça.

Je me demande comment il va… et soudainement il y a cette petite voix qui m’interrompt et me remet à l’ordre.

« Mais toi… Toi R. comment vas-tu? »

« …T’as raison. »

Bird on a wire

Le plus difficile après une rupture c’est de s’habituer à la solitude. On se demande ce que peut bien faire l’autre… S’il pense à nous autant qu’on pense à lui. On connait la réponse, mais on préfère s’inventer des scénarios parce que c’est plus réconfortant.

Et on s’ennuie, mais on sait qu’on ne devrait pas, que ça ne le fera pas revenir et que même s’il revenait, on ne le reprendrait probablement pas. Que la confiance a été détruite et que toute cette histoire a laissé une profonde cicatrice qui prendra un temps à guérir.

Et on chasse ces pensées… et on retourne rêver.

Parce que le rêve, c’est beau et réconfortant.

Et plus on rêve, plus on s’ennuie…

Love, relationship & respect

Care about what you’re doing and stand up for what you care.

I always thought that when you do something with your heart, there’s no way you can hurt yourself or somebody. The best way to be happy or make someone happy is to not stop believing in yourself or stop listening to yourself. If you do so… life will be easy and beautiful.

 

ironie

J’avais enfin réussi à m’endormir. D’un sommeil léger, certe… mais ma tête avait enfin pu commencer à se reposer.

J’ai entendu un bruit fort. Je savais ce que c’était, mais j’ignorais pourquoi cet objet était tombé. Il y a quelques années j’ai peint un tableau rouge, bariolé d’émotions. Aussi abstrait qu’étaient mes sentiments à l’époque. Le thème était amour. Mais à le regarder, il représente plutôt la souffrance que peut parfois ressentir une personne lorsqu’elle pense à l’amour. Sur ce tableau, il y a des visages déformés par les coups de pinceaux, un coeur qu’on croit exploser… et une phrase.

«La grande quête et la mort qui s’ensuit.»

Je trouve ça plutôt ironique que ce cadre soit tombé aux lendemains d’une rupture. La vie m’envoie certainement un message.

Je suis en colère. La peine, ça va. Je pense l’avoir bien explorée la première fois qu’il m’a quitté. La peine survient quand on se fait surprendre par un événement malheureux. La colère c’est quand on a toujours cru à la possibilité qu’il arrive quelque chose et que ce quelque chose finisse par arriver. La colère… je gère très mal cette émotion. J’y suis rarement allé et je ne sais pas par quel bout la prendre. La peine ça va… j’ai déjà donné.

La première fois qu’il est parti ça m’a anéanti. Son désir de prendre du temps pour lui afin de réfléchir au fait de vouloir ou non être en couple m’a prise par surprise. Je savais bien sûr qu’il sortait à peine d’une relation alors bien que ça me surprenait désagréablement, je pouvais comprendre ce besoin de réfléchir et de se recentrer sur lui-même. Je l’ai laissé partir. À contre coeur, mais sans résistance. Son besoin était fort légitime.

J’ai demandé à couper les ponts avec lui. J’avais trop mal et le fait qu’il revienne et parte de ma vie en prenant des nouvelles et en me disant qu’il pensait à moi ne m’aidait guère à me remettre de cette rupture. Ça a pris quelques temps avant qu’il comprenne mon désir. Il s’est effacé… pour mieux revenir quelques semaines plus tard suite à une discussion que nous avons eu alors que j’étais parti sur un coup de tête à Mexico City, une ville où personne ne me connaissais, ou il n’y avait pas grand chose d’autre à faire que de réfléchir et de penser à moi. Ce fut difficile de me retrouver face à moi même, mais je l’ai fait et ça m’a apporté beaucoup de bien. Bref, à mon retour de Mexico, T. est venu me rejoindre à une soirée bénéfice organisée au profit de la Fondation dans laquelle je m’investis. J’étais nerveuse. Pour quels motifs était il venu? J’ai su plutôt vite parce que c’est suite à cette soirée que nous sommes revenu ensemble. Il avait réfléchit et ne voulait pas me laisser partir. Bien…

J’ai abordé cette «nouvelle relation» avec un peu de retenue au départ. Je sentais que je devais mettre les choses au clair avant de me ré embarquer avec lui. J’avais été échaudé, je n’avais pas du tout envie de l’être une seconde fois. Je m’entends encore lui dire…

«Sais-tu ce que tu fais ? As-tu bien réfléchit? Si tu reviens, tu reviens pour de bon parce que ce n’est pas vrai que je vais revivre ça une deuxième fois. Ma position n’a jamais changé. La fille que j’étais avant que tu me quittes, est toujours la même. Avec les mêmes désirs de s’engager, avec le même besoin d’être aimer.»

«Oui, je sais ce que je fais. Je veux simplement qu’on y aille tranquillement. Je tiens à toi.»

Voilà le mot qui m’est resté en tête : tranquillement. Ce que je comprenais dans ce mot c’était qu’il voulait y aller à son rythme. J’étais prête à le faire, je l’aimais et j’étais heureuse de son retour. Au début, nous y sommes allé tranquillement, mais viens un moment dans la relation où on a envie de s’investir de bâtir quelque chose. Où on a envie de faire des plans et de sauter à pieds joints dans la vie de couple. J’ai sauté. Il ne m’a pas suivi. Un pied dedans, un pied dehors… parfois un pied pesant plus que l’autre. Je n’ai jamais senti que T. s’était complètement abandonné dans cette relation. D’où, probablement, mon comportement craintif et prudent face à lui. Je voulais respecter son rythme alors que le miens avait un tempo plus rapide. Difficile de s’accorder au final.

Lundi soir, après une semaine fort chargée en émotions, il est venu à la maison. Je savais ce qu’il venait m’annoncer. Tout le week-end je n’avais cessé de faire de l’angoisse. Allant même jusqu’à faire des crises de panique. Je savais, mais je ne voulais pas y croire. Ces derniers temps étaient plus difficile pour moi. J’ai eu les émotions en dents de scie pour un paquet de facteurs qui seraient trop long à expliquer… Bref, je n’étais certainement pas la femme aussi joyeuse et bout-en-train dont T. a l’habitude de partager sa vie. Ça arrive. Des hauts et des bas dans la vie, il y en aura toujours, mais je crois que ce fut l’élément déclencheur de sa réflexion.

Voilà qui se dressait devant lui une belle porte de sortie. La réflexion faite il y a quelques mois n’avait jamais été poussée jusqu’au bout. Il est revenu dans ma vie croyant que ça y était, qu’il pouvait maintenant plonger et s’engager avec moi. Mais l’engagement comportait des responsabilités et ces responsabilités, il n’a jamais eu le coeur de les prendre. Et voilà qu’il repart de plus belle.

Ce qui me choque le plus dans tout ça c’est que je lui avais laissé le temps nécessaire à sa réflexion quand il m’a quitté la première fois. Il avait le choix de partir à tout jamais ou de revenir. Je ne lui ai pas tordu un bras. De toute façon, mon processus de deuil de la relation étant déjà entamé… qu’il revienne n’aurait été qu’une belle surprise, mais à laquelle je ne voulais pas trop m’accrocher. À mon grand désarroi, il est revenu pour mieux me quitter.